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31st October,2014 

Fotokol: 04 Membres de Boko Haram abattus par l’armée nigériane

Quatre individus ont été abattus à Gardoumba, le 22 avril 2013, aux environs de 12 heures, par des militaires nigérians postés de l’autre côté de la frontière. Ils se trouvaient à bord d’un pick-up quand les militaires nigérians ont ouvert le feu sur eux alors qu’ils avaient franchi la frontière et se trouvaient en territoire camerounais. Les soldats nigérians leur avaient intimé l’ordre de s’arrêter à la frontière mais pour une raison connue d’eux seuls, ils ont refusé d’obtempérer. Soupçonnés d’appartenir à la secte Boko Haram, et bien que désormais en territoire camerounais, les soldats nigérians n’ont pas hésité à faire parler la gâchette. Ils ont violemment mitraillé le véhicule.

Sur les cinq passagers à bord, quatre d’entre eux, mortellement atteints, sont morts sur-le-champ. L’unique rescapé, Emma Moula Ngouma, a été transporté à l’hôpital de Mada dans l’Arrondissement de Makari, où il se trouve dans un état critique en attendant d’être interrogés par les forces camerounaises. Le médecin a diagnostiqué deux fractures ouvertes à la jambe. A Fotokol, la consternation laisse peu à peu place à la peur. «Depuis que Boko Haram a commencé à sévir, les militaires nigérians ne font plus confiance à personne. Les personnes qu’on a abattues sont, je pense, des commerçants qui venaient au Cameroun comme d’habitude. Et quand ils ont vu les militaires armés, ils ont roulé aussi vite qu’ils pouvaient pour franchir la frontière et se retrouver rapidement en terre camerounaise. Ils ont réussi, mais leur fuite a éveillé des suspicions chez les militaires nigérians qui ont ouvert le feu sur eux. Ils ont cru, à tort ou à raison, que c’étaient des membres de Boko Haram qui voulaient se réfugier au Cameroun», explique Mahamat Moussa, Maire de Fotokol et témoin de cette scène macabre. Celui-ci précise que: «après ce qui s’est passé, nous avons fait appel à nos voisins du Nigéria pour venir identifier les corps. Ils ont reconnu deux corps parmi les quatre. Ils les ont récupérés et sont retournés les enterrer chez eux. Les deux autres, non identifiés, ont été enterrés ici à Fotokol». Pendant ce temps, les soldats nigérians, bien visibles de l’autre côté de la frontière, se sentent dans leur bon droit d’éliminer les «terroristes» partout où ils se trouvent. «Ils auraient dû s’arrêter quand ils ont été interpellés. Pourquoi ils ont foncé pour traverser la frontière s’ils ne se reprochaient de rien? S’ils étaient de simples commerçants, raison de plus pour s’arrêter et personne ici ne les a reconnus. Ils commerçaient avec qui? Le fait d’être des commerçants ne veut rien dire, les membres de Boko Haram sont dans tous les secteurs de la vie publique. Moi je pense qu’ils appartenaient à la secte et ont pensé qu’ils avaient été découverts», témoigne Abakar, vendeur de zouazoua à Fotokol.

Il faut dire que la frontière entre Fotokol et le Nigeria est matérialisée par le fleuve Elbeit sur lequel a été construit un pont. Les cinq mousquetaires nigérians qui avaient échappé aux soldats se trouvaient dans le dernier quartier de Fotokol, à la sortie avec le Nigeria lorsqu’ils ont été pris sous le feu nourri de l’armée nigériane.

Le voisinage avec le Nigeria est source d’inquiétude pour les populations, notamment depuis que Boko Haram a multiplié les attaques provoquant une riposte de grande ampleur de l’armée nigériane. Même la forte présence des éléments du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR) et autres forces de défense ne suffisent plus à rassurer les riverains. «Nous vivons chaque jour dans la peur. De nombreux innocents ont déjà perdu la vie à cause des balles perdues. Les militaires nigérians, stationnés de l’autre côté de la frontière, ont la gâchette un peu trop facile, il est vrai que la secte Boko Haram ne fait pas dans la dentelle. Les militaires ne prennent aucun risque et il suffit simplement qu’une tête soit suspecte pour l’abattre sous le prétexte qu’il appartient à Boko Haram. La vie à Fotokol est désormais difficile», affirme un riverain. Non sans indiquer que lui et sa famille vont quitter cette localité. Comme plusieurs autres personnes avant eux.

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